Guide de Pilotage Financier d'entreprise


Dans quels cas et comment faire une croissance externe ?


La promesse de la croissance externe est la perspective d'une croissance forte.

Elle s'oppose notamment à la croissance organique qui demande généralement davantage de temps, difficile en effet d'envisager doubler de taille en 1 an par croissance organique.

Mais elle s'accompagne également d'un niveau de risque élevé et d'une incertitude forte.

La croissance externe permet toutefois également d'envisager réaliser des synergies importantes en aquérant une société complémentaire : un réseau de distribution pour un fabricant de produits, etc.

On retrouve deux types bien dinstincts de synergies :
  • Les synergies de coût : elles sont les plus faciles et moins hasardeuses à réaliser mais aussi les moins significatives (ex : un service support qui sera surdimensionné)
  • Des synergies de revenus : plus incertaines elles ont toutefois des perspectives fortes comme pour un fabriquant de produits qui acquérerait un distributeur.
Il faut toutefois comparer les synergies avec leur alternative : acquérir un distributeur est à comparer avec nouer un partenariat commercial avec ce même distributeur.

La simple recherche d'augmenter la taille de l'entreprise est aussi souvent un objectif. Etant donné que les entreprises sont généralement valorisées en multiple d'EBITDA, et que le multiple est "décôté" selon la taille de l'entreprise, cela permet généralement d'améliorer la valorisation globale sans même de synergies.

Exemple : les sociétés A et B font chacune 5M€ de CA et 0,5M€ d'EBITDA, si les sociétés de 5M€ se valorisent 6x et celles de 10M€ à 7x alors chacune vaut 0,5*6=3M€ mais l'ensemble vaut (0,5+0,5)*7=7M€ soit +1M€.

Une autre acquisition intéressante est celle qui est réalisée à un multiple inférieur au sien. Cela milite souvent pour acquérir des sociétés de taille inférieure à la sienne.

Exemple : la société issue de l'exemple précédent (10M€ de CA et 1M€ d'EBITDA valorisée 7x) aura tout intérêt à acquérir une société de 5M€ de CA et 0,5M€ d'EBITDA valorisée 6x car une fois achetée la valorisation du groupe est mécaniquement réhaussée de 7x (et non 6x) l'EBITDA acheté.

Il faut toutefois être sûr de l'EBITDA que l'on achète.

Une raison de réaliser une croissance externe qui est généralement peu sensée est celle qui a pour objectif de structurer l'entreprise, il y a souvent plus simple pour structurer une entreprise que d'en acquérir une autre. Cela peut toutefois avoir du sens pour attendre une taille critique quand la société a une taille trop limitée pour absorber le coût d'une structure normale.

En réalité au final on retiendra que l'intérêt de réaliser une croissance externe tourne essentiellement autour de ces 3 facteurs cumulés :
  • effet multiple lié sovuent à la taille,
  • des synergies de coût
  • et des perspectives de synergies de revenus
Ces perspectives ne doivent pas faire oublier le risque important lié à la réalisation d'une croissance externe.

Un point clé c'est d'étudier en profondeur la cible, de façon rationnelle.

Il faut aussi accepter de ne pas réaliser d'acquisition : l'enjeu est important et la tentation peut être élevée d'acheter une société une fois que l'on a passé des mois à en chercher une et à l'étudier.

Il y a d'ailleurs un biais classique à ce stade : ne plus vouloir voir les risques et aller au bout pour ne pas avoir perdu son énergie et par peur de rater une opportunité.

Cela milite pour une approche de croissance qui ne repose pas exclusivement sur la croissance externe. En effet avoir des perspectives fortes d'investissement par ailleurs permet de n'avancer sur une croissance externe que si elle s'avère une meilleure opportunité que la croissance organique.

Ou bien à mener une approche d'acquisiton visant à réaliser une série de petites acquisitions plutôt qu'une importante. Dans tous les cas il est raisonnable de faire en sorte d'être en capacité de supporter des difficultés liées à une acquisition compliquée.

Cela passse notamment par un montage pas trop chargé en dette (par exemple en sollicitant des fonds d'investissement), notamment en prenant garde à la dette financière totale de la structure après l'opération.

En effet même si l'on achète un EBITDA de la société cible il est fréquent qu'il y ait une mauvaise surprise. Non seulement la cible a alors été achetée à un prix élevé mais l'ensemble du groupe peut être en difficulté pour faire face à la dette LBO.

Et bien sûr une fois l'acquisition réalisée ne pas oublier que c'est en fait le début car il va falloir exécuter correctement l'intégration et réaliser les synergies visées.


Les compétences d'un DAF sont indispensables dans ce type d'opérations, ne serait-ce que pour avoir de la visibilité sur les perspectives, avec plusieurs scénarios, pour s'assurer de la capacité à assumer les échéances de dette LBO tout en poursuivant les investissements.

Inscrivez-vous à notre newsletter pour accéder à l'ensemble du contenu :