Guide de Pilotage Financier d'entreprise


Combien vaut mon entreprise sur la base des chiffres 2025 ?


Plusieurs méthodes de valorisation existent et sont parfois utiles dans des situations bien précises.

Il faut généralement se méfier des moyennes de l'application mécanique de plusieurs méthodes car souvent elles intègrent des approches totalement innaplicables ou très dépendantes d'hypothèses peu justifiables (actualisation des flux de trésorerie futurs, etc.).

Dans la pratique de la finance (m&a, fonds d'investissements, etc.) la méthode du multiple d’EBITDA est bien la plus répandue et employée pour les PME.

Elle se traduit simplement par :
  • Un EBITDA
  • Un Multiple

Il faut donc déterminer le multiple à appliquer ainsi que l'EBITDA de référence.

Comment connaître le multiple à appliquer ?

Faire appel à un conseil M&A ou à un expert de la valorisation peut être pertinent, car :
  • ils côtoient des acquéreurs ou ont accès à des prix de transactions qui ont été réalisés sur des entreprises plus ou moins semblables.
  • valoriser soi-même son entreprise mène très souvent à une valorisation supérieure à la réalité
Une première approche peut être de rencontrer 2 ou 3 conseils M&A pour leur exposer le projet et leur demander de donner un ordre de grandeur de la valorisation envisageable.

Une approche plus approfondie consiste à faire appel à un expert dont la valorisation est le coeur de métier. Il facturera sa prestation mais cela donnera une information plus fine, prenant en compte les spécificités de l'entreprise.

Il faut toutefois garder en tête que la valorisation dépend du contexte et est donc différente du prix : un acquéreur industriel achetant 100% du capital et ayant des synergies fortes sera prêt à payer plus cher qu'un salarié prenant une part minoritaire sans contrôle de l'entreprise.

Les multiples sont relativement stables dans le temps (même s’ils dépendent de la taille de la société, de sa dynamique de croissance, etc.), donc avoir fait faire une fois une valorisation sérieusement permet de garder à moyen terme une idée de la valeur de l’entreprise lorsque l’EBITDA a évolué.

Pour alimenter la réflexion il existe des informations publiques qui font référence comme :
  • les multiples sectoriels Damodaran (https://pages.stern.nyu.edu/~adamodar/pc/datasets/vebitdaEurope.xls) : ils sont particulièrement utile pour appréhender la différence de valorisation entre des secteurs d'activité différents (par exemple une entreprise de transport ne se valorisent pas du tout au même multiple qu'un éditeur de logiciel dans la santé)
  • l'indice Argos MidCap (https://www.epsilon-research.com/Market/Argosfr) : moins basés sur les cours de bourse que les multiples damodaran ils permettent de revenir à une taille d'entreprise plus "ETI", mais restent toutefois supérieurs à ceux pratiqués en moyenne sur les PME. Ils donnent aussi une évolution dans le temps des multiples, utile si vous avez fait valoriser votre entreprise en 2018 et que vous voulez savoir combien elle vaut aujourd'hui.

L’EBITDA est à considérer “Normatif”, c’est à dire qu’il faut connaître l’EBITDA réel et réaliser les ajustements qui permettent de traduire la vrai rentabilité que va acheter l’acquéreur.

Par exemple :
  • Considérer plusieurs années pour prendre en compte une année exceptionnellement bonne ou mauvaise mais de façon cohérente
  • Ajuster des charges non normatives (rémunération du dirigeant hors norme, loyers immobiliers surévalués, etc.)

On multiple ensuite le multiple et l'EBITDA considéré.

Il peut être parlant de regarder la sensibilité de la valorisation à ces éléments, en regardant la valorisation avec plusieurs niveaux d'EBITDA et de multiples.

Ensuite à cela s’ajoute bien entendu la trésorerie et est déduit la dette :
Valeur des Titres = Valeur d'Entreprise + Trésorerie propriétaire - Dettes financières

Les approches varient pour la mesure de la trésorerie propriétaire, mais le principe général est le montant de trésorerie qui n'est pas utile pour l'activité (et aurait donc pu être sorti de la société)

De même pour les dettes financières, même si en première approche les dettes bancaires et envers les associés sont la base (tant que les autres créanciers sont payés normalement comme les fournisseurs ou l'état)

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